Directeur général

Entretien avec Matthew Pearce, le nouveau directeur général de la Mission Old Brewery
Que faisiez-vous avant la Mission Old Brewery?
J’ai passé la plus grande partie de ma carrière dans des secteurs d’activité sans but lucratif. Tôt dans ma vie professionnelle, je me suis dit que tant qu’à se tuer à la tâche, aussi bien le faire pour quelque chose de plus grand que soi. Je tire une grande satisfaction par mon travail, de pouvoir contribuer au mieux-être de la société.
J’ai travaillé longtemps dans le domaine du développement international qui, par définition, consiste à développer des communautés à l’étranger. La Mission Old Brewery me permet de faire du développement communautaire, sans que le mot « international » y soit rattaché.
Pourquoi avoir choisi la Mission Old Brewery?
La dimension locale de la Mission m’intéressait et je voulais travailler pour une organisation qui me mettrait en contact avec le cœur de Montréal. La Mission Old Brewery est un « organisme » on ne peut plus montréalais.
La nouvelle tangente qu’a prise la Mission Old Brewery ces dernières années me fascine. Non seulement elle met du baume sur la vie des sans-abri, mais elle travaille maintenant à les sortir de la rue une fois pour toutes. Tout un défi, qui m’a réellement séduit!
Vos premières impressions sur la Mission Old Brewery?
J’ai été frappé par l’enthousiasme qui se dégage à la Mission dans tout ce qui s’y fait. Beaucoup de gens ont tendance à croire que, parce que nous travaillons auprès des sans-abri, la misère seule est au rendez-vous. Mais c’est tout le contraire. La Mission est en fait un lieu d’enthousiasme et d’espoir. La Mission est une organisation qui regarde en avant et qui travaille sur du tangible.
Lorsque je travaillais pour le développement international, notre but était de vouloir que les choses s’améliorent et que la société évolue dans le bon sens, mais rarement pouvait-on voir des résultats tangibles par rapport aux objectifs fixés, tandis qu’à la Mission Old Brewery, la différence qu’on fait saute aux yeux. C’est étonnant de voir un sans-abri s’inscrire dans un de nos programmes de transition et d'amorcer toute une remontée. Nous voyons de nos clients se transformer mois après mois, semaine après semaine et même jour après jour.
Le fait que la Mission travaille tant auprès des femmes que des hommes sans-abri m’a aussi impressionné. Je ne crois pas que ce volet du travail de la Mission Old Brewery soit bien connu de la population montréalaise. En fait, tout le monde sait que la Mission Old Brewery est le plus grand refuge pour hommes au Québec, mais on sait moins que c’est aussi le plus grand refuge pour femmes au Canada.
Quels sont les défis qui vous attendent comme directeur général de la Mission Old Brewery?
La Mission Old Brewery revêt beaucoup de facettes. Beaucoup a été accompli au cours des dernières années, mais il reste encore beaucoup à faire si on veut atteindre l’objectif qu’on s’est fixé à long terme de réduire l’itinérance à Montréal, et ce, de façon permanente. Sur le terrain, cela signifie accroître le nombre de conseillers formés et le personnel qualifié qui soutiennent nos clients dans leur démarche transitoire vers une vie autonome. Nous devons aussi développer le volet logement social afin de remplir notre premier objectif qui est d’aider nos clients à se procurer un logis à prix modique, sécuritaire et stable.
Pour nous aider à relever ces importants défis, le gouvernement provincial doit faire sa part et délier les cordons de sa bourse pour soutenir nos services d’urgence. À l’heure actuelle, 75 % de nos revenus annuels proviennent de nos donateurs privés et seulement 20 %, du gouvernement provincial. À titre de comparaison, les refuges de Toronto sont financés à 100 % par leur gouvernement. Ils n’ont pas comme nous à investir temps et énergie dans des campagnes de financement. Heureusement, les Montréalais apprécient notre travail et se montrent généreux.
Espérons que le gouvernement prendra exemple sur eux et comprendra qu’il a la responsabilité d’aider à résoudre le problème des exclus sociaux et de leur insoutenable réalité quotidienne.
Si nous pouvions compter sur un financement soutenu pour nos refuges, nous pourrions allouer plus d'argent reçu des dons privés dans nos résidences de transition et dans nos initiatives de logement à long terme.
Comment entrevoyez-vous le développement de la Mission Old Brewery sur une base quinquennale?
La Mission Old Brewery sera naturellement encline à jouer un rôle plus important sur le plan du logement social, tant de sa propre initiative qu’en partenariat avec d’autres initiatives de logement social à Montréal. Selon moi, c’est fondamental si nous voulons avoir une réelle influence sur la vie de nos clients. La véritable solution à l’itinérance réside dans le logement et non dans les refuges.
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